lundi 11 décembre 2017

Terminale L: résumé du Journal des Faux-Monnayeurs de Gide pour les "égarés"

Résumé facile du Journal des Faux Monnayeurs



PREMIER CAHIER DU 17 JUIN 1919 AU 7 DECEMBRE 1921
Dans le premier cahier, il réfléchit en général sur l’intrigue, son moment, les personnages en général. Il pense à réutiliser des faits divers de sa propre vie ; il conçoit d’utiliser des passages de son journal sous la plume d’Edouard.

DEUXIEME CAHIER D’AOÛT 1921 AU 8 JUIN 1925
Dans le deuxième cahier, il réfléchit sur la conception du roman, ce qu’il appelle le « pur roman », insiste sur le personnage d’Edouard, juge les autres personnages qu’il a imaginés, comme Bernard, Olivier, Robert, Vincent, La Pérouse, Mélanie Vedel, Lilian, Azaïs, Boris...

Les fausses pistes

Premier cahier
-Au début, il envisage de faire de Lafcadio, le héros des Caves du Vatican, le narrateur de son livre. Il souhaite que ce personnage soit le « pervertisseur ».
-Il envisage de raconter l’histoire de deux sœurs (p.14) l’ainée qui épouse un être médiocre mais fait des efforts pour cacher cette médiocrité à sa famille et joue le rôle du « ménage modèle ». Puis, il se dit qu’il ne faut pas mettre deux sœurs, car il n’aime pas les « pendants »
Le 30 juillet 1919, il imagine un vagabond que Lafcadio rencontrerait sur la route et qui servirait de trait d’union entre lui et Edouard.
Le 16 juin 1921, il reparle de « Z », avec l’histoire de deux sœurs dont le mari de l’une a eu un enfant avec une autre femme ; puis, il imagine un homme qui a épousé une des deux sœurs mais a un enfant avec la cadette ; finalement, il abandonne cette trame.
Deuxième cahier
Le 1 novembre 1924 : « La vie nous présente de toutes parts quantité d’amorces de drames mais il est rare que ceux-ci se poursuivent et se dessinent comme a coutume de les filer un romancier ».

Les cahiers dans lesquels il écrit
Le 17 juin 1919, il parle d’un « cahier gris. »



L’utilisation des faits de son quotidien
Premier cahier
Le 16 juillet 1919, il a ressorti les coupures de journaux sur les faux-monnayeurs et pense mêler ce sujet avec une intrigue sur le suicide de lycéens.
Le 3 mai 1921, Il surprend un adolescent en train de voler un livre, un guide d’Algérie, et parle avec lui ; il pense utiliser cette anecdote dans son roman mais en la faisant raconter l’adolescent lui-même.
Deuxième cahier
Il a rencontré dans un train, alors qu’il était avec Marc Allégret, une jeune fille handicapée ; à l’arrivée à Nice, les deux femmes qui l’accompagnent tentent de la déplacer mais la jeune fille se met à gémir ; la tante explique que la jeune fille a dix-sept ans, qu’elle est malade depuis 18 mois et qu’il s’agit d’une « paralysie nerveuse, suite à une grande peur ». Il songe à faire utiliser cet épisode par Edouard.
Dans un wagon de train vers Annecy, un ouvrier qui n’arrive pas à allumer sa pipe lui dit qu’au prix des allumettes, « il vaut mieux qu’elles ne s’allument pas ».
Le 8 février 1924, de nouveau en train, il se plaint de ses voisins qui font du bruit et l’empêchent de lire et il rapporte leur dialogue insignifiant ; par contre, il remarque que la dame ne finit pas ses phrases et qu’il pourrait donner cette caractéristique à Mélanie Vedel.

Gide à Jersey par Theo Van Rysselbherge

L’élaboration progressive du roman : intrigue, thèmes, personnages
Premier cahier
Il se rend compte qu’il ne peut pas tout faire entrer dans son livre : 17 juin 1919 : « Aussi bien est-ce une folie sans doute de grouper dans un seul roman tout ce que me présente et m'enseigne la vie. Si touffu que je souhaite ce livre, je ne puis songer à tout y faire entrer. »
 « Ne jamais exposer d’idées qu’en fonction des tempéraments et des caractères » dit-il le 17 juin 1919.
« Les personnages demeurent inexistants aussi longtemps qu'ils ne sont pas baptisés »
« Il n’est sans doute pas adroit de situer l’action de ce livre avant la guerre et d’y faire entrer des préoccupations historiques… l’avenir m’intéresse plus que le passé »
Le 6 juillet 1919, il envisage de commencer son livre sur une scène se passant dans un café puis pense utiliser le lieu du jardin du Luxembourg où se passerait le trafic de pièces d’or. Il utilise la première fois le prénom « Edouard » pour un personnage de l’entourage de Lafcadio.
Le 11 juillet, il déclare : « je voudrais éviter ce qu’a d’artificiel une intrigue ».
Le 25 juillet 1919, il imagine un personnage appelé « Z » qui serait en révolte contre son éducation religieuse trop rigoriste et travaillerait « à débaucher et pervertir les enfants du pasteur » ; il imagine aussi qu’un des fils du pasteur sera entrainé à jouer par le débaucheur (il perdrait au jeu l’argent mis de côté pour l’accouchement de son amie).
Le 26 juillet 1919, il se demande s’il peut concevoir toute l’action en fonction de Lafcadio et le 28, il a décidé, il ne fera pas tout passer à travers Lafcadio. Il imagine ses personnages comme de petites bobines auxquelles il enroulerait le fil de ses idées.
Le 13 janvier 1921, il a l’idée que son carnet devienne « le carnet d’Edouard »
Le 22 avril 1921 à paris, il a une sorte « d’illumination » pour le début des FM et imagine la rencontre entre Edouard et Lafcadio sur le quai de la gare (c’est l’ébauche des retrouvailles entre Edouard et Olivier)
Le 3 mai 1921, il imagine un « sentiment » entre Edouard et Lafcadio.
Le 9 juillet 1921, il imagine le sujet du bachot, les méditations d’Edouard, la révolte des enfants contre les parents.
Deuxième cahier
Il parle d’un personnage nommé Lucien qui est le symbole de l’hypocrite et il définit l’hypocrisie.
En août 1921, il explique que ses personnages « vivent en lui » mais qu’il n’aime pas leur imaginer des détails réalistes et leur inventer une famille ; « je vois chacun de mes héros… orphelin, fils unique, célibataire et sans enfant ».   C’est pour cela qu’il pense garder Lafcadio.
Le 20 août 1922, il utilise le prénom de Bernard.
Le 1 novembre 1922, il pense à mettre « dans la bouche d’Edouard » toutes ses réflexions sur le « pur roman » mais il pense qu’Edouard ne parviendra jamais à l’écrire. « C’est un amateur, un raté. Personnage d’autant plus difficile à établir que je lui prête beaucoup de moi ». Il parle aussi ce jour-là d’Olivier, qui fréquente Robert, qui parle de façon péremptoire de choses qu’il ne connait pas (on remarque donc qu’il a donné un prénom à ses personnages).
Le 23 février 1923, il émet des jugements sur Bernard chez lequel « chaque amour, chaque adoration, entraîne un dévouement, une dévotion », puis sur Olivier, qui « commet des actions profondément contraires à sa nature et à ses goûts », ce qui entraîne une « abominable dégoût de lui-même ». Il conclut en disant que « Vincent et Olivier ont de très bons et nobles instincts et s’élancent dans la vie avec une vision très haute de ce qu’ils doivent faire ; - mais ils sont de caractère faible et se laissent entamer ». Il ajoute que Vincent « se laisse lentement pénétrer par l’esprit diabolique… il sent vraiment qu’avec Satan il a partie liée. Il sent qu’il appartient d’autant plus à Satan qu’il ne parvient pas à croire à l’existence réelle du Malin… mais toujours revient en son esprit ce thème : ̏ Pourquoi me craindrais-tu ? Tu sais bien que je n’existe pas. Il finit par croire à l’existence de Satan comme à la sienne, c’est-à-dire qu’il finit par croire qu’il est Satan » … Il comprend par quels arguments le Diable l’a dupé lorsqu’il s’est trouvé pour la première fois près de Laura, dans ce sanatorium dont ni l’un ni l’autre ne croyait pouvoir sortir », en lui faisant croire que ce qu’ils allaient faire ne porterait pas à conséquence.
Le 3 novembre 1923, il a lu des pages de son roman à Martin du Gard et il pense que les meilleures parties de son roman sont « celles d’invention pure » Il pense qu’il a raté le personnage de La Pérouse car il l’a « trop rapproché de la réalité ».
Le 15 novembre 1923, il écrit qu’il est plus facile de faire parler un personnage lointain de lui : « ce n’est pas ce qui me ressemble mais ce qui diffère de moi qui m’attire ».
Le 6 janvier 1924, il compare son livre à une « plante qui se développe et le cerveau n’est plus que le vase plein de terreau qui l’alimente et la contient ».
Le 31 Mars 1924, il pense que lady Griffith « doit rester comme hors du livre… elle n’a pas d’existence morale ni même à vrai dire de personnalité ; c’est là ce qui va gêner Vincent bientôt ; ces deux amants sont faits pour se haïr ».
Le 27 mai 1924, il émet des jugements sur le « frère ainé de Bernard », l’avocat Charles, dont on sait peu de choses sauf qu’il ressemble à son père avec lequel pourtant il communique peu, exerce sa profession au rez-de-chaussée de la maison et prononce une phrase assez cruelle lorsque son père lui apprend que Bernard a quitté la maison : « Dieu chasse l’intrus… » Selon Gide, « écouter autrui risquerait de l’affaiblir »
Le 27 mai 1924, Gide écrit au sujet des personnages : « Le mauvais romancier construit ses personnages ; il les dirige et les fait parler. Le vrai romancier les écoute et les regarde agir… j’ai écrit le premier dialogue entre Olivier et Bernard et les scènes entre Passavant et Vincent sans du tout savoir ce que je ferais de ces personnages ni qui ils étaient »
Le 6 juillet 1924, il pense que « Profitendieu est à redessiner complètement : « il est beaucoup plus intéressant que je ne le savais ».
Le 27 juillet 1924, il explicite le personnage de Boris : « le pauvre enfant comprend qu’il n’y a pas une seule de ses qualités, pas une de ses vertus, qui ne puisse être tournée en défaut par ses camarades »
Le 10 août 1924, il évoque la Confrérie des Hommes forts sans la nommer en précisant que leur « absurde devise » était « pas d’effort inutile ». Aucun d’eux ne comprenait le sens de l’effort …
Le 20 novembre 1924, il envisage une idée à exploiter dans un futur roman : « comment ceux d’une nouvelle génération, après avoir critiqué, blâmé les gestes et attitudes (conjugales par ex.) de ceux qui les ont précédés, se trouvent amenés peu à peu à refaire à peu près les mêmes ».
Il poursuit cette réflexion le 3 janvier 1925, avec le personnage de Bernard, dans ses relations avec son père.
Fin janvier, il réfléchit sur la notion d’équipe et arrive à la conclusion que pour former une équipe modèle, il faut « chercher à faire triompher l’équipe mais ne pas chercher à se distinguer ».
Le 8 mars 1925, Martin du Gard lui conseille d’allonger son roman pour « profiter plus des personnages qu’il a créés »
En mai 1925, à quelques jours de la fin de son livre, il décide de diviser son livre en 3 parties, pour augmenter l’importance de la troisième. Il précise aussi qu’il aime bien les fins précipitées : « j’aime à donner à mes livres l’aspect d’un sonnet qui commence en quatrains et finit en tercets. Il me parait inutile d’expliquer tout au long ce que le lecteur attentif a déjà compris ; c’est lui faire injure. »




La conception du roman
Le 5 août 1919, il souhaite que son roman soit unique et « qu’il ne soit assimilable à rien d’autre ».
Le 21 novembre 1920, il se repose le problème du sujet et déclare : « Tout ce que je vois, tout ce que j’apprends, tout ce qui m’advient depuis quelques mois, je voudrais le faire entrer dans ce roman et m’en servir pour l’enrichissement de sa touffe » Il ajoute qu’il ne veut pas que les événements soient racontés par l’auteur mais par ceux des acteurs qui y ont participé (il conçoit donc la multiplicité des narrateurs). Par exemple, il souhaite que « toute l’histoire des faux-monnayeurs … soit découverte petit à petit ; à travers les conversations ».
Le 2 janvier 1921 il déclare que pour bien écrire, il doit se persuader que ce livre « est le seul et dernier roman » qu’il écrira et que donc, il peut « tout verser sans réserve ».
Deuxième cahier
En août 1921, il réfléchit sur le réalisme ; il regrette que le roman se soit toujours « cramponné à la réalité »
Le 11 octobre 1922, il pense que son roman se développe à l’envers ; il ne travaille pas chronologiquement : « Les chapitres, ainsi, s’ajoutent, non point les uns après les autres, mais repoussant toujours plus loin celui que je pensais d’abord devoir être le premier ».
Le 28 octobre 1922, il expose sa théorie des personnages : « ne pas amener trop au premier plan ou du moins pas trop vite, les personnages les plus importants, mais les reculer, au contraire, les faire attendre, ne pas les décrire mais faire en sorte de forcer le lecteur à les imaginer comme il sied… Dans cette première scène du Luxembourg, je fais parler les indifférents… » 
Le 1 novembre 1922, il formule sa théorie du « pur roman » : « purger le roman de tous les éléments qui n’appartiennent pas spécifiquement au roman. On n’obtient rien de bien par le mélange. J’ai toujours eu horreur de ce que l’on a appelé la synthèse des arts, qui devait, suivant Wagner, se réaliser sur le théâtre. Et cela m’a donné l’horreur du théâtre et de Wagner » … Il pense que personne n’a pu approcher du « pur roman » à part Stendhal qui s’en rapproche… Il critique le réalisme balzacien car il pense que Balzac mêle au roman des éléments qui n’ont rien à y faire : « Balzac, s’il est peut-être le plus grand de nos romanciers, est surement celui qui mêla au roman et y annexa et y amalgama, le plus d’éléments hétérogènes et proprement inassimilables par le roman ».
Le 27 mars 1924, il pense, en ce qui concerne « le style » de son roman, que tout doit être dit de la manière la plus plate » ; le lendemain ; il précise que dès le début, il n’a pas cherché à peindre l’état intérieur du personnage mais plutôt à trouver la phrase exacte qui le traduirait.
Le 10 avril 1924, il dit que chaque chapitre d’un roman doit apporter du nouveau : « un surgissement perpétuel ; chaque nouveau chapitre doit poser un nouveau problème, être une ouverture, une direction, une impulsion, une jetée en avant »
Le 27 mai 1924, Gide écrit au sujet des personnages : « Le mauvais romancier construit ses personnages ; il les dirige et les fait parler. Le vrai romancier les écoute et les regarde agir… j’ai écrit le premier dialogue entre Olivier et Bernard et les scènes entre Passavant et Vincent sans du tout savoir ce que je ferais de ces personnages ni qui ils étaient »
Le 8 mars 1925, il expose son idée sur la fin du roman : « Celui-ci s’achèvera brusquement, non point par épuisement du sujet, qui doit donner l’impression de l’inépuisable mais au contraire par son élargissement et par une sorte d’évasion du contour. Il ne doit pas se boucler mais s’éparpiller, se défaire. »
Le 29 mars 1925, il parle de son lecteur : « tant pis pour le lecteur paresseux : j’en veux d’autres. Inquiéter, tel est mon rôle ». Et il ajoute en mai qu’il aime les fins précipitées car il lui semble inutile d’expliquer tout au long ce que le lecteur attentif a déjà compris ; c’est lui faire injure. »
Il termine sa réflexion générale sur le roman le 9 juin 1925, par une citation de Thibaudet que lui a donnée Martin du Gard : « Le romancier authentique crée ses personnages avec les directions infinies de sa vie possible ; le romancier factice les crée avec la ligne unique de sa vie réelle. Le génie du roman fait vivre le possible, il ne doit pas revivre le réel. »
Il conclut définitivement en disant que c’est au lecteur de penser comme il veut.



 L’époque de l’action du livre
Premier cahier
 Il a des hésitations sur le moment où il doit situer son roman
Le 29 juin 1919, il écrit qu’il ne veut pas situer son roman avant la Première Guerre mondiale car il ne veut pas y faire entrer de « préoccupations historiques » Mais le 30 juillet, il se rend compte que l’intrigue de la fausse monnaie ne peut se passer qu’avant la guerre, puisque les pièces d’or ont disparu après comme monnaie. 

L’avancée du livre et les difficultés d’écriture
Premier cahier
Le 20 juin 1920, à Cuverville, il parle d’une journée de « torpeur abominable » et se dit « incapable d’écrire la moindre lettre »
Le 11 juillet 1919, il est en colère contre lui-même car il se laisse distraire par les soucis du quotidien et n’a pas travaillé son livre ; il se dit qu’il attend trop de l’inspiration et que cette dernière ne peut être que le résultat d’une recherche.
Le 1 août 1919, il expose ses difficultés de travail : il n’a fait que « brasser des nuages ». Puis, il cesse d’écrire pour se consacrer à ses Mémoires.
Le 9 septembre 1919, il constate qu’il a passé un mois sans écrire.
Il y a alors une coupure de 14 mois où il n’écrit rien puisqu’il recommence son journal le 21 novembre 1920. Il précise qu’il a fait la rédaction de Si le grain ne meurt.
Le 1 janvier 1921, Martin du Gard lui a conseillé de travailler avec des fiches mais pense que cette méthode ne peut pas lui convenir.
Il commence la rédaction du roman en octobre 1921.
Le 25 novembre 1921, il rappelle qu’il a écrit les premiers chapitres en octobre et se compare à une baratte à beurre qui sépare le beurre du petit-lait.
Le 7 décembre 1921, il dit qu’il a écrit facilement les trente premières pages de son livre.
Deuxième cahier
En août 1921, il parle de « l’extrême difficulté qu’il a à faire avancer son livre » est due au fait qu’il traite deux sujets à la fois, l’événement mais aussi « l’effort même du romancier pour faire un livre avec cela »
Le 27 décembre 1923, il a lu à Jacques Rivière, 17 chapitres sur 18 de la première partie du roman. Il émet le projet d’ajouter dès le début un élément fantastique.
Le 17 mai 1924, il a écrit les trois chapitres avant la rentrée de la pension.
Le 1 novembre 1924, il devait partir pour le Congo mais il a repoussé son départ pour finir son roman. Il vient d’écrire la tentative de suicide d’Olivier et ne voit plus devant lui « qu’un embrouillement terrible, un taillis tellement épais (qu’il ne sait) à quelle branche s’attaquer d’abord »
Le 29 mars 1925, il a écrit les chapitres qui lui semblaient difficiles ; il explique avoir eu des difficultés à commencer chaque nouveau chapitre.
Il écrit qu’il a terminé les Faux-Monnayeurs le 8 juin 1925...




Ses références littéraires
Premier cahier
Le 20 juin 1919, il a lu A Death in the desert de Browning (poète et dramaturge britannique du 19e) et il dit que cette lecture a mis en fermentation (sa) cervelle comme le plus capiteux des vins ».
Le 16 août 1919, il fait l’éloge de la phrase parfaite de Stendhal.
Le 2 janvier 1921, il trouve que Martin du Gard éclaire trop « de face les événements » ; il critique aussi Tolstoï qui a tendance à dresser des panoramas
Le 13 janvier 1921, il trouve que « la grande erreur du livre de « X », c’est que ses « personnages parlent toujours pour le lecteur.   L’auteur leur a confié la mission de tout expliquer ». Mais il pense qu’au contraire, le personnage ne doit parler que « pour celui à qui il s’adresse ».
Le 16 juin 1921, il a rédigé une préface pour Armance, de Stendhal.
Deuxième cahier
En août 1921, il critique le Symbolisme à qui il reproche le manque de curiosité qu’ils ont manifesté pour la vie : « La poésie devint pour eux un refuge, la seule échappatoire aux hideuses réalités ».
Il explique aussi son goût pour le genre épique.
Le 28 novembre 1921, il pense utiliser une citation de L’Idiot de Dostoïevski en pensant qu’elle convient à son roman.
Le 1 novembre 1922, il déclare avoir horreur de la synthèse des arts comme l’a voulue Wagner, qu’il n’aime pas du tout ce genre de théâtre et qu’il n’aime que le « théâtre qui se donne simplement pour ce qu’il est et ne prétende être que du théâtre » ; il loue la pureté des tragédies et comédies du XVIIe siècle…. Il donne aussi son jugement sur La Princesse de Clèves : « une merveille de tact et de goût » … Il critique le réalisme balzacien car il pense que Balzac mêle au roman des éléments qui n’ont rien à y faire : « Balzac, s’il est peut-être le plus grand de nos romanciers, est surement celui qui mêla au roman et y annexa et y amalgama, le plus d’éléments hétérogènes et proprement inassimilables par le roman. » Il pense que les Anglais comme De Foe (auteur anglais de la fin du 17e qui a écrit Robinson Crusoé), Fielding (auteur anglais du 18e qui a écrit le roman Histoire de Tom Jones) ou Richardson (auteur du 18e qui a écrit Pamela ou la vertu récompensée et Clarisse Harlow) « ont atteint une plus grande pureté dans le roman. »
Le 5 mars 1923, il rêve de Marcel Proust. Il est assis en train de lui en train de parler et il fait tomber de la bibliothèque de vieux livres, ce qui le contrarie car il craint d’avoir abimé les livres ; c’est en effet ce qui s’est passé, il se rend compte qu’il a détruit la couverture de livres très précieux de Saint-Simon, il s’excuse mais Proust, très courtois, ne le lui permet pas ; plus tard, Proust s’étant retiré, il avoue au majordome qui lui fait traverser de luxueux salons qu’il a fait exprès de faire tomber les livres et il se jette à ses pieds en sanglotant.
Le 14 février 1924, il refuse de préfacer l’Histoire de Tom Jones de Fielding car il trouve la traduction trop médiocre.
Le 27 juillet 1924, il émet un jugement sur Jarry dont il pense qu’il avait « un sens exact de la langue ».
Fin janvier 1925, il cite un vers de Bajazet : « je me plains de mon sort moins que vous ne pensez »

Sur le diable
Premier cahier
Le 2 janvier 1921, il réfléchit sur le diable : « plus on le nie, plus on lui donne de réalité » Il se met à penser que le point invisible autour duquel graviteraient tous les personnages, ce serait lui.
Le 13 janvier 1921, il reparle du diable : « j’en voudrais un qui circulerait incognito à travers tout le livre et dont la réalité s’affirmerait d’autant plus qu’on croit moins en lui » C’est le propre du diable dont le motif d’introduction est pourquoi me craindrais-tu ? Tu sais bien que je n’existe pas » Il pense faire de cette « très importante phrase, une des clés de voûte du livre ».
Deuxième cahier
Le 23 février 1923, il fait un long développement sur Vincent qui « se laisse lentement pénétrer par l’esprit diabolique ».

Appendice, chapitre « Identification du démon »
Il poursuit des réflexions sur le diable déjà amorcées dans le roman : « Tandis qu’on ne peut servir Dieu qu’en croyant en Lui, le diable, lui, n’a pas besoin qu’on croie en lui pour le servir. Au contraire, on ne le sert jamais si bien qu’en l’ignorant… moins je crois en lui, plus je l’enforce… c’est précisément là ce qu’il désire : qu’on ne croie pas en lui. »
 « Dès l’instant que j’admets son existence… il me semble que tout s’éclaire, que je comprends tout ; il me semble que tout à coup, je découvre l’explication de ma vie…. Nombre d’esprits, et que je tiens pour des plus grands, croyaient à l’existence du diable… et je sens en moi, certains jours, un tel envahissement du mal, qu’il me semble déjà que le mauvais prince y procède à un établissement de l’enfer »

Sur l’amour

Premier cahier
Stendhal parle de la cristallisation mais ce qui intéresse Gide c’est la décristallisation. Il parle d’un amour déçu où la femme reproche à l’homme ses infidélités mais il pense qu’elles n’en sont pas puisque son amour pour elle est intact et qu’il n’a jamais eu de relations charnelles avec elle.
Deuxième cahier

Sur le mensonge, la fausseté
Deuxième cahier
« Ce que j’appelle un esprit faux, … c’est celui qui éprouve le besoin de se persuader qu’il a raison de commettre tous les actes qu’il a envie de commettre… Le véritable hypocrite est celui qui ne s’aperçoit plus du mensonge, celui qui ment avec sincérité »


Portrait de Gide par Paul Albert Laurens en 1924 (Fondation Catherine Gide)
 http://www.fondation-catherine-gide.org/accueil-archives-fondation-catherine-gide


Appendice
-Une coupure du Figaro de 1906 racontant comment des faux-monnayeurs utilisaient  des jeunes gens pour écouler leurs pièces.
-Une coupure du Journal de Rouen de juin 1905 racontant le suicide d’un lycéen après un tirage au sort.
- Une lettre de CH.B au sujet du suicide d’un ami commun.
- Une lettre d’une lectrice, Suzanne Paul-Hertz, le 13 janvier 1927 qui lui reproche que le personnage de La Pérouse est copié chez Saint-Simon et qu’il aurait dû avouer son pastiche.
- La réponse de Gide à la dame où il lui explique que La Pérouse a été inspiré par son vieux professeur de piano.
-Des pages du journal de Lafcadio constituant le « premier projet des FM » et dans lesquelles il parle d’Edouard.
-Un chapitre intitulé « Identification du démon » et qui est une réflexion sur le diable.



lundi 27 novembre 2017

Kazuo Ishiguro. Les Vestiges du jour ou vivre dans des vestiges

Les Vestiges du jour, publié en 1989, est le roman le plus célèbre du Prix Nobel de littérature 2017, Kazuo Ishiguro.


 Majordome anglais responsable du prestigieux domaine de Darlington Hall, Stevens a voué toute sa vie à servir  « Sa Seigneurie », dans un scrupuleux respect de la hiérarchie et une totale abnégation digne d’un saint. Convaincu d’avoir vu défiler au château « tout ce que l’Angleterre a de meilleur », ambitionnant de passer à la postérité comme un « grand majordome »,  hanté par la « dignité de la place qu’il occupe », il n’a de cesse de perfectionner son professionnalisme.

Mais le rachat de la somptueuse propriété par un Américain qui lui offre une semaine de vacances va bouleverser toutes ses certitudes.



Au volant d’une voiture prêtée par son employeur, il prend donc la direction du  West Country, où vit une ancienne gouvernante du domaine, Miss Kenton, sous le prétexte de lui proposer de retravailler au château. Et c’est l’occasion, au fil de la route et des visites, de se remémorer tout son passé et de se livrer à une sorte de confession.

Le roman offre la particularité d’entrer dans l’univers mental du majordome et d’exposer sa conception aliénante du métier, tout en l’exprimant dans un langage châtié maniant le passé simple, le passé antérieur et l’imparfait du subjonctif. La perfection de l’argenterie, étincelante au point de susciter l’admiration des visiteurs, devient une « affaire d’état » au sens propre ; la propreté méticuleuse des parquets est une question de vie ou de mort ; l’obéissance aveugle aux ordres une question d’honneur, même si le majordome en désapprouve parfois silencieusement le contenu…  Stevens ne  sait plus quoi faire pour  être agréable à ses maîtres : il se documente même pour être capable de leur répondre avec humour sans leur manquer de respect.
  
Au fil des pages, le lecteur se met à souffrir pour Stevens, qui semble « être passé à côté de sa vie », pour se réfugier dans un monde illusoire fondé sur des valeurs obsolètes. Il n’a pas assisté son père sur son lit de mort car, au même instant, une soirée d’importance se déroulait au château ; à la demande de son patron,  il a accepté de renvoyer deux femmes de chambre à la conduite exemplaire parce qu’elles étaient juives ; il a omis  de se rendre compte que Miss Kenton était amoureuse de lui lorsqu’il l’entendait sangloter derrière la porte de sa chambre…

C’est alors que Stevens réalise qu’il s’est oublié lui-même, n’a vécu que pour les autres et se retrouve à l’âge mûr « sans rien », sans femme, sans enfants, sans domicile…  Son sens de l’honneur, la fierté d’avoir tenu son rang, toutes les certitudes qui le dirigeaient comme un pantin s’avèrent soudain anachroniques ! Et le  sentiment qui domine est désormais celui du gâchis … 

Un beau roman nostalgique qui parle avec pudeur de l’aveuglement sur soi-même, du sentiment diffus de l’échec et de la tristesse résignée  du regret…




vendredi 3 novembre 2017

Joël Dicker. La vérité sur l’affaire Harry Quebert ou l’art des chausse-trappes

Comme toujours, par le fait que je réside à l’étranger, il se passe toujours un certain temps - un temps certain - entre la sortie d’un livre et le moment où je peux le lire. C’est comme cela que, le temps passant,  je n’avais pas encore eu l’occasion de découvrir le livre « que tout le monde avait lu » et dont on avait tant parlé, La vérité sur l’affaire Harry Quebert, ( 2002, Editions De Fallois) de Joël Dicker,  jeune auteur suisse hyper doué, qui reçut, en 2012, le Prix Goncourt des Lycéens et le Grand Prix du roman de l’Académie française.



Ce suspense de 855 pages en format de poche raconte comment l’écrivain américain à succès Marcus Goldmann, en proie au « vertige de la page blanche », menacé de procès par son éditeur s'il ne lui remet pas un nouveau manuscrit dans les délais requis, va retrouver son inspiration en effectuant une enquête puis en écrivant un plaidoyer pour prouver l’innocence de son ancien professeur, Harry Quebert, auteur célèbre, accusé  du meurtre, commis trente ans auparavant, d’une jeune fille de quinze ans, Nola Kelligan.

S’il est possible de reprocher à ce best-seller son style parfois négligé ou son histoire d’amour baignant dans une multitude de topos (l’amoureux espère le retour de sa belle depuis trente ans, en comparaison, Tristan et Iseut ne sont que de vulgaires amants  ! ) et exprimée dans un langage convenu - dont dire qu’il multiplie les clichés à l’eau de rose ne serait qu’un piteux euphémisme-, il faut cependant reconnaître qu’une fois entré dans le livre, vous ne pouvez plus vous en défaire. Fausses pistes, surprises, renversements de situation, multiples analepses, tous les procédés du suspense sont maniés avec brio, pour le plus grand plaisir du lecteur.

  
   
Divisé en cinq chapitres, « Prologue », « La maladie des écrivains », « La guérison des écrivains », « Le paradis des écrivains », « Epilogue », le roman présente aussi l’originalité d’offrir 31 épigraphes dans lesquels Harry Quebert, maître en littérature de Marcus Goldmann, lui donne des conseils d’écriture que ce dernier s’empresse d’appliquer dans le chapitre concerné. Bref, l’auteur nous livre ses recettes, qui semblent droit sorties d’un atelier d’écriture. Il ne cache pas, non plus, ses modèles littéraires, comme Lolita de Nabokov ou La Tache, de Philip Roth, ce qui est tout à son honneur. Il ne cache pas, non plus, ses modèles littéraires, comme Lolita de Nabokov ou La Tache, de Philip Roth, ce qui est tout à son honneur. Maupassant aurait-il écrit Une Vie s’il n’avait pas lu Madame Bovary de Flaubert, qui lui-même s’inspire de La femme de trente ans de Balzac ? 
La littérature pourrait-elle exister sans intertextualité ?




Une intrigue qui noie le lecteur dans une vague d’émotions contradictoires, du rire aux larmes, et active ses neurones en le forçant à tenter de remettre en place toutes les pièces d’un immense puzzle… Un roman palpitant, sans aucun doute ! Car la réussite, en littérature, n’est-ce pas de passionner le lecteur ? 
Harry Quebert ne dit-il pas à Marcus ? Un bon livre, Marcus, est un livre que l'on regrette d'avoir terminé... 

Pour plus de renseignements, vous pouvez consulter le site de l'auteur :

https://joeldicker.com/about/


mardi 17 octobre 2017

Rencontre avec Ayse Kulin : passion et émotion


Article de Gisèle Durero-Koseoglu
Aujourd’hui, 17 octobre 2017, fut un jour marqué d’une pierre blanche : car nous avons eu la chance de recevoir la visite, dans notre lycée, de la plus célèbre écrivaine turque, Ayse Kulin.
Par sa grâce naturelle, sa gentillesse, sa modestie et la passion avec laquelle elle parle de l’écriture, Ayse Kulin a captivé l’auditoire composé d’adolescents. Son charisme a charmé, au sens propre, l’assemblée.
Pour les lecteurs passionnés de littérature, voilà donc le compte-rendu de la causerie.



Quand a-t-elle commencé à écrire ?
Elle a écrit très tôt mais elle ne parvenait pas à se faire publier. C’est avec le roman Son nom, Aylin qu’elle est devenue soudain célèbre, remportant alors plusieurs prix littéraires.

Deux citations d’Ayse Kulin

«J’ai été «crée pour être écrivaine, c’est pour cela que j’écris »…
(Traduction de « Yazmak uzere tasarlandim onun için yaziyorum » »

« J’écris au fil de la vie qui passe »
(Traduction de « Hayat akarkin yaziyorum)


Comment et où écrit-elle ?
Elle écrit partout, à la maison, à l’extérieur, en voyage. Elle explique qu’elle a appris à écrire même au milieu du bruit, dans le bus, le métro, dans la cuisine, en préparant le repas. Dans les transports en commun, elle observe les autres. Elle ne se déplace jamais sans son ordinateur, mettant à profit le plus petit laps de temps pour écrire.

Quels conseils donnerait-elle à un écrivain en herbe ?
-Beaucoup lire
-Etre un bon observateur
-Tenir un journal pas seulement des faits mais surtout des sentiments ressentis à l’égard de ces faits


Combien de temps met-elle pour écrire un livre ?
Elle a l’avantage d’écrire très vite, elle met un an en moyenne pour composer un roman (elle n’a pas d’autres ressources que l’écriture). Mais le livre Sevdalinka, qui imposait de nombreuses recherches historiques, lui a demandé un temps de travail plus long. Elle explique qu’elle pleurait en lisant les documents qui lui ont servi à écrire le roman. D’ailleurs, elle considère son voyage en Bosnie-Herzégovine, où elle a recueilli des témoignages bouleversants sur les horreurs perpétrées pendant la guerre de l’ex-Yougoslavie, comme un des tournants de son existence, car elle a été déçue par l’absence de réaction des Européens face à la barbarie. Cet épisode de la causerie fut particulièrement émouvant, certains avaient les larmes aux yeux lorsque l’écrivaine évoqua  cette « blessure qui saigne encore »…

« Le livre est une leçon de vie »
Ayse Kulin raconte une anecdote intéressante : un jour qu’elle se trouvait à la fenêtre, chez sa mère, elle a vu un pauvre hère en train de fouiller les poubelles, elle s’est mise en colère car il salissait le trottoir et elle l’a morigéné. Puis, après une invitation sur un plateau de télévision avec l’écrivaine Nalan Turkeli,  elle s’est plongée dans la lecture du livre Etre une femme dans un bidonville (Varosta kadin olmak), a découvert les rudes conditions d’existence de ceux qui vivent en triant les ordures de la ville et a eu honte de sa colère contre le miséreux. « Ce livre a constitué un point de non-retour. Maintenant, c’est contre ce système qui force les gens à fouiller les poubelles que je m’indigne », précise-t-elle.

Les livres qu’elle est le plus heureuse d’avoir écrit ?

Ce sont les romans Türkan et Le Pont (Köprü)
Türkan est un roman consacré à la célèbre doctoresse Türkan Saylan. Spécialiste de dermatologie, elle s’est consacrée au traitement des lépreux, jusqu’à parvenir à éradiquer la maladie. Puis, elle a crée une fondation, « Kardelen », soit, « Le Perce-Neige », pour faire étudier les filles des milieux défavorisés…
L’absence de pont sur l’Euphrate, empêchant d’acheminer à temps les blessés ou les femmes sur le point d’accoucher, accablait les habitants d’une région déshéritée… Le Pont raconte comment ils sont parvenus, à l’aide du préfet, à construire sur le fleuve le pont qui leur sauva la vie…

Au sujet du roman Füreyya…
Ce livre raconte la chute de l’Empire ottoman et les débuts de la république à travers la destinée d’une femme, la grande céramiste turque Füreyya…

Au sujet de « Dernier train pour Istanbul » (Nefes Nefese)

C’est en constatant que des Israéliens venaient assister aux obsèques d’anciens diplomates turcs en poste en France durant la Seconde Guerre mondiale qu’Ayse Kulin a découvert l’action qu’ils avaient menée pour sauver des Juifs de la déportation. 


Un jour de pluie, alors qu’Ayse Kulin se rendait au Musée du Judaïsme d’Istanbul pour consulter les archives, il se mit à pleuvoir à seaux. C’est alors qu’elle fit connaissance avec une dame qui s’était réfugiée là pour échapper à l’averse ; or, il se trouve que cette dernière avait justement fait partie des passagers du dernier train pour Istanbul… Il y eut en réalité trois wagons qui en l’espace de deux mois, conduisirent à Istanbul 300 familles juives de France. Au passage, Ayse Kulin a rappelé aussi l’action de Monseigneur Roncalli (futur pape Jean XXIII), qui, en poste à Istanbul, fabriqua de faux certificats de baptême qu’il fit acheminer en France et en Allemagne par la valise diplomatique des consuls de Turquie…


« Le livre nous ouvre les portes d’un monde que nous ne connaissons pas. Dans chaque livre, il y a quelque chose qui va nous toucher. La lecture des romans développe notre faculté d’empathie.  Les livres nous rendent meilleurs car, sans nous en rendre compte, nous engrangeons des connaissances. Il faut lire en ouvrant son cœur… »




Le dernier roman d’Ayse Kulin s’intitule Kanadı Kırık Kuşlar, soit, Les Oiseaux aux ailes brisées…